Visite de SWISS International Air lines

 

Le mercredi 28 juin 2017, la compagnie SWISS nous déroule le tapis rouge à l'aéroport de Genève Cointrin.

 

Une visite exceptionnelle

C'est en effet une visite hors du commun que notre président, Monsieur Patrick Wehrli, a organisé avec la complicité de son ami pilote Monsieur Zbigniew Bankowski et sur aimable invitation de la compagnie SWISS. Le programme annonce une visite des halles techniques et la visite de l'Airbus A320 à son retour de New-York. Le tout précédé d'une présentation et d'un repas gracieusement offert par nos hôtes. Pour des raisons bien compréhensibles de sécurité, le nombre de participants est limité à 40 personnes très heureuses de pouvoir participer. Inutile de dire que toutes les places ont été prises immédiatement ! Et, le jour de la visite, nous avons donc rendez-vous dans l'aéroport où nous sommes reçus dans la salle de conférence après un contrôle d'identité.

 

Nos hôtes

C'est le Président général pour la Suisse occidentale, Monsieur Lorenzo Stoll qui nous reçoit, accompagné de Monsieur Zbigniew Bankowski et du responsable de la maintenance, Monsieur Joël Tissières.

Messieurs Stoll, Bankowski et Tissières

Ainsi que la responsable de la communication, Madame Dorianne Cavallé, accompagnée de Madame Joëlle Jungo du service des relations publiques.

Mesdames Cavallé et Jungo

 

Présentation de Swiss en chiffres par Monsieur Stoll

A l'aide d'un diaporama préparé à notre attention, Monsieur Stoll nous expose chiffres à l'appui l'évolution des coûts d'un billet d'avion par rapport à l'évolution du coût de la vie. Nous sommes également invité à deviner le coût du Kérosène pour un vol ou encore la marge par passager pour un vol en avion. Aucun d'entre nous ne soupçonnait à quel point le monde du transport aérien est difficile et complexe.

 

Monsieur Lorenzo Stoll

 

C'est ainsi que nous apprenons que SWISS possède 92 avions, effectue 145'868 vols par année, occupe 5'733 employés en l'air et 3'368 employés au sol. Mais encore que la flotte parcourt 43'183'065 km par an et transporte 16'517'555 passagers par an. Avec l'acquisition de 10 Boeing 777 et 30 Bombardier CS100 et CS300 pour 6 milliards de francs, Swiss engagera 400 employés supplémentaires.

De 2005 à 2014, le nombre de passagers est passé de 13 millions à 20 millions et SWISS opère 60 vols quotidiens entre Genève et Londres, soit autant qu'il y a de trains entre Genève et Berne. En 2005, 20% des réservations se faisaient "Online" et aujourd'hui, ce sont 70% des réservations qui se font par internet.

Pourtant, les marges ne font que diminuer sous la pression du marché, et c'est ainsi que le prix d'un billet d'avion Genève New-York en 1971 est passé de 4'400 CHF ( 3 salaires ) à 2'740 CHF ( 0.3 salaires ) en 1991, puis à 880 CHF ( 4.5 jours de salaire) en 2011. Alors que pendant ce laps de temps, le coût de la VW Golf est resté stable.

De fait, le gain moyen de SWISS par passager est aujourd'hui de 8.9 Euros !!!

Oui, l'achat d'un Airbus A330 de 236 places coûte 180'000'000 CHF, les charges pour un vol Genève New-York sont de 200'000 CHF et le plein de kérosène est de 58'000 CHF. Donc, un coût de 848.- CHF pour un billet vendu à 880.- CHF.

Pour mémoire, suite au refus par le peuple suisse d'entrer dans l'espace économique européen, Swissair multiplie les acquisitions de compagnies européennes pour s'assurer un accès à l'espace aérien européen. De plus, Swissair ambitionne de créer un grand "HUB" international et crée "Unique Airport" à Zürich, ce qui permet à Easyjet de s'implanter à Genève puisqu'il n'y a plus d'équité entre les régions linguistiques. Les dés sont jettés et la suite est connue de tous.

Suite à la faillite de Swissair, la création de SWISS et le rachat par Lufthansa, la compagnie aérienne a remonté la pente entre autres grâce au programme "Calvin" mené de 2013 à 2016. Celui-ci se résume en une augmentation des destinations, l'amélioration des services en engageant 150 personnes supplémentaires en cabine et une révision des tarifs.

Avec le projet "GENEVA RELOADED", axé sur la marque, la flotte, l'équipage, l'infrastructure et les services à valeur ajoutée SWISS vise la rentabilité en 2018.

L'achat de nouveaux avions plus économiques et confortables y contribuera, comme par exemple le "Bombardier C-Series", un court et moyen courrier de 125 à 145 places. Constitué de matières composite, il consomme 20% de carburant en moins et produit 50% de bruit en moins. Il offre des cabines spacieuses et lumineuses grâce à de grands hublots, des coffres à bagage adaptés, des sièges ergonomiques en cuir, une tablette incurvée sur pied central pour chaque passager et le silence à bord.

Applaudissements et nombreuses questions suivent ce brillant exposé.

 

Présentation du travail de pilote par Monsieur Bankowski

C'est au tour du pilote de long courrier, Monsieur Zbigniew Bankowski de prendre la parole pour nous exposer en quoi consiste son travail.

Messieurs Bankowski et Stol

Tout commence par une préparation minutieuse du vol.

Le pilote doit connaître les aéroport de dégagement, la météo, les vents. En effet, un avion porté par le Jet-Stream, le fameux courant de haute altitude pouvant atteindre 250 km/h, permet de gagner jusqu'à 1 heure et des tonnes de carburant sur un trajet transatlantique. Il étudie les NOTAMS ( Bulletin de navigation ) pour connaître les pistes ouvertes, la présence de brouillard ou le risque d'orage. En effet, il ne choisira jamais de traverser un orage en raison de la grêle.

Le pilote doit également effectuer de savants calculs et décide de la quantité de carburant qu'il va emporter sachant que son avion consomme 5.8 tonnes de kérosène par heure.

Ainsi, un vol Zurich Miami nécessite 62 tonnes de kérosène pour le vol, 0.5 tonnes pour le roulage au sol, 2 tonnes pour pouvoir atteindre un aéroport de dégagement et 2.5 tonnes pour une sécurité de 30 minutes, soit 69 tonnes représentant le minimum légal. Or, SWISS va plus loin en emportant 73 tonnes ( +20 minutes de vol et une seconde approche avec remise des gaz), mais ce surpoids engendre une surconsommation de 1 tonne de carburant et ce sont donc finalement 74 tonnes de kérosène qui seront emportées par l'avion.

Le pilote doit également arriver 1 heure en avance pour préparer le cokpit et vérifier son appareil.

Monsieur Bankowski nous explique ensuite les différentes phases d'un envol. soit le roulage, le décollage toujours en manuel, la croisière en pilote automatique à 990 km/h et l'atterrisage en manuel. Le décollage se fait à 280 km/h pour arracher les 230 tonnes du sol et le point critique du décollage se nomme le point V1. Le point V1 représente la dernière possibilité de stopper le décollage sur la longueur de piste restante. Après ce point, on décolle même en cas de panne ou de feu. Pendant la croisière, le radar météo embarqué détecte les éventuels orages de grêle à éviter. Il faut noter également que la portance d'un Airbus A330 lui permet de planner sur 20 km pour une perte d'altitude de 1'000 mètres en cas de panne de tous les moteurs.

L'approche et l'atterissage peuvent se faire en manuel en cas de visibilité, sinon en automatique en utilisant le système d'aide au guidage et à l'atterrissage ILS. Puis, le roulage qui peut être compliqué sur les grands aéroports comme Chicago qui possède 9 pistes. Le parcage et l'alignement de l'avion au terminal en raison de l'utilisation de passerelles téléscopiques nécessitent également des système de guidage laser.

Là aussi, les applaudissement et les questions suivent ces explications extrêmement intéressantes sur le travail de pilote de ligne.

 

Le repas et la mauvaise météo

En attendant l'arrivée de l'Airbus A320 de New-York, nous sommes invités à un copieux repas au Montreux Jazz Café par la compagnie SWISS. Nous sommes vraiment gâtés avec ce délicieux repas en compagnie de nos hôtes qui répondent toujours et encore à nos nombreuses questions. Ce soir là, la météo est orageuse et le vol que nous attendons prend du retard. A tel point, que décision est prise d'annuler la visite de l'avion dans la zone de maintenance technique. Mais, Monsieur Stoll nous console, ce n'est que partie remise et il nous promet que nous pourrons revenir. Nous avons tout de même passés une merveilleuse et très intéressante soirée.

 

Le repas Le repas
Le repas Le repas
Le repas Le repas
Le repas Le repas

 

Notre Président, Patrick Wehrli, ne manque pas de remercier Monsieur Stoll de nous avoir si généreusement reçu et lui remet le stylo Caran d'Ache de la société des horlogers de Genève en signe de reconnaissance.

 

Remerciements à Monsieur Stoll Remerciements à Monsieur Stoll
Remerciements à Monsieur Bankowski Photo de groupe

 

Texte et photos de Christophe Lyner