Visite des Cafés Trottets

 

Le jeudi 6 avril 2017, nous sommes fort aimablement reçus par Monsieur François Trottet qui nous accueille sur son site de production de Café à Meyrin. Lors de cette visite nous allons d'une bonne surprise à l'autre car ici règnent la convivialité, la recherche de la perfection et une odeur irrésistible de cafés exceptionnels. D'ailleurs, depuis que ma chérie y a goûté, elle n'en veut plus d'autre.

Accueil en café

Histoire et portrait de l'entreprise

L'histoire commence en 1947, date à laquelle Théophile Trottet fonde cette entreprise familiale dirigée aujourd'hui par son petit-fils François. Nous apprenons qu'en 70 ans, le savoir-faire accumulé ne réside pas seulement dans la torréfaction du café, mais aussi dans le choix des meilleurs grains importés grâce à une relation de confiance avec les producteurs locaux. Il faut savoir que les jeunes collaboratrices qui nous ont servi le café de bienvenue parcourent le monde à la recherche des meilleures graines. Nous commençons alors à rêver d'aventures à la "Indiana Jones" dans des pays lointains au fur et à mesure que Monsieur Trottet énumère les pays fournisseurs : Brésil, Costa-Rica, Honduras, Bolivie, Mexique, Ethiopie, Kenya, Tanzanie, Hawaï ... 70 origines en tout.

Monsieur François Trottet

Nous plongeons petit à petit dans l'univers de cette petite société de 25 employés qui ne cherche pas à grandir à tout prix. Chez trottet, il n'y a pas de star de l'écran pour doper les ventes et pour cause : Il n'y a pas de département marketing ou commercial. Et, pourtant la production représente 850 à 950 tonnes de café par année.

Le secret de la réussite se situe dans la qualité des cafés produits, dont certains sont très rares. Conditionnés en capsule, en grain ou moulus, ils sont proposés dans les étals de la boutique d'usine ouverte aux particuliers, en vente sur internet ou servis aux entreprises. Monsieur Trottet nous assure que les grains ne sont pas traités chimiquement et cueillis à la main, grain après grain. En effet, il ne faut récolter que les grains rouges, et laisser murir les grains verts, ce qui étale la récolte d'un caféier sur une période de 2 à 4 mois.

De fait, le café est le pépin de la "cerise" de différentes  variétés de caféier, dont les principales sont l'Arabica et le Robusta. Celui-ci est transporté dans des sacs de 60 à 70 [Kg],  soigneusement stocké dans les sous-sols de l'usine et ne dégage aucun arôme avant sa torréfaction.  Un QR-code sur chaque emballage vendu, indique la longitude et la latitude précise du lieu de récolte ce qui donne à l'acheteur la garantie d'une traçabilité à 100%.

En plus des nombreuses sortes de café et thés, il y aussi des moulins et des cafetières absolument incroyables en vente sur internet ou dans la boutique. Certaines de ces machines me sont tout simplement inconnues et cette diversité démontre que faire un bon café est aussi un art qui mérite ses lettres de noblesse. D'ailleurs, la maison Trottet propose des formations aux particuliers qui souhaitent apprendre à faire un café exceptionnel, à un prix très sympa.

 Chemex

Finalement, nous apprenons que Trottet est présent sur facebook où nous pouvons en apprendre encore plus pour devenir des caféologues avertis.

 

La visite de l'usine

La visite commence par la descente d'un escalier qui mène dans les entrepôts où nous découvrons des étagères immenses remplies de boîtes et des palettes de sacs de grains. Il y a ici des tonnes de grains entreposées bien au sec. Surprise ! Il y a aussi des bouteilles de limonade et des barres chocolatées car la maison Trottet entretient également un petit parc de distributeurs automatiques.

Entreposage du café

Nous voici à la base d'un énorme silo vert alimenté automatiquement en grains de différentes origines pour la torréfaction des cafés de "grande série". La recette de l'assemblage est ainsi automatisée, alors que le déroulement de la toréfaction est contrôlé par un opérateur spécialisé comme nous le découvrirons ensuite  à l'étage supérieur. Il en est tout autrement pour les cafés rares qui sont préparés artisanalement et toréfiés dans de petites machines très élégantes.

Silo automatique Toréfaction artisanale

Tout au long de la visite, Monsieur Trottet nous instruit sur l'histoire du café et il semble en effet, que ce sont les berger éthiopiens qui ont découvert les premiers l'effet tonifiant du café sur les chèvres qui en consommaient les fruits. Puis, le café cultivé au Yemen dès le Xième siècle de notre ère s'est répandu de la péninsule arabique jusqu'à Constantinople d'où il est importé vers 1600 par les marchands vénitiens.

De la cave au rez de chaussée nous empruntons un énorme monte-charge qui nous amène dans une nouvelle salle où nous découvrons la partie supérieure du silo et le suivi de la toréfaction par un employé qui effectue des prélèvements pendant la cuisson des grains. En fait, il y a encore bien d'autres machines pour moudre le café destiné aux capsules par exemple. D'ailleurs, nous avons le privilège d'observer de tout près le fonctionnement de la machine qui les assemble et c'est tout à fait impressionnant de voir les vérins pneumatiques réaliser les différentes opérations d'assemblage !

La machine à capsules

Beaucoup de questions sont posées par la quarantaine de sociétaires présents, comme par exemple sur la méthode de  "décaféïnation". Il y a en effet plusieurs méthodes connues (Trychlo, Co2) , mais seule la méthode utilisant de l'eau est utilisée ici à Meyrin pour garantir un café sain et arômatisé.  Nous apprenons également qu'une dose de café pèse entre 7 et 12 [g].

La visite se termine dans la boutique avec une démonstration des cafetières les plus exotiques et une dégustation de la boisson ainsi obtenue.

Démonstration cafetière

Nous recevons chacun un petit sac avec un prospectus et des capsules de café Trottet, que nous n'hésitons pas à compléter par des achats personnels.

De plus, nous sommes conviés à un somptueux buffet dont nous nous régalons.

Buffet Patrick

 

 Les remerciements

Très heureux de cette magnifique visite, notre Président Patrick Wehrli remercie Monsieur Trottet au nom de la Société des Horlogers de Genève et lui remet un stylo Caran d'Ache.

Remerciements

Et voici encore quelques photos

Paul Buclin Pierre-Yves
Daniel et Vincent Les jolies collaboratrices de Trottet
Démo de cafetière Démo de cafetière

 Texte et photos de Christophe Lyner

 

A bientôt.

Présentation de Caran d'Ache

 

Le jeudi 2 mars 2017, nous recevons Monsieur Jean-François de Saussure, CEO de Caran d'Ache et Monsieur Yves Miche, Responsable R&D qui nous présentent la célèbre entreprise genevoise CARAN D'ACHE.

 

Histoire et portrait de l'entreprise

Monsieur de Saussure, nous apprend que cette entreprise familiale fut fondée à Genève en 1915 sous le nom de "Fabrique genevoise de crayons".

CEO Caran d'Ache J.-F. De Sausure

Rachetée en 1924 par Arnold Schweitzer, l'entreprise est rebaptisée "Caran D'Ache" en référence au caricaturiste français Emmanuel Poiré dont le pseudonyme signifie "Crayon" en russe. En désormais plus de cent ans, Caran d'Ache réinvente notre façon d'écrire, de dessiner et de colorier. En 1929, naît le Fixpencil, premier porte-mine au monde. suivi du premier crayon aquarelable au monde, le Prismalo, puis le néo-color que tous les enfants connaissent. Citons encore, le premier stylo-plume (le Madison), la laque de chine, le stylo le plus cher du monde (le Modernista), le premier crayon résistant à la lumière (Luminance) et le dernier né, l'Astrographe en forme de fusée. Sur le site actuel de Thônex, inauguré en 1974, 300 employés, représentant 90 métiers produisent et exportent dans le monde entier les couleurs, les objets de haute écriture et la gamme office. Caran d'Ache s'approvisionne en bois FSC, dispose d'un atelier protégé et est membre fondateur du service social inter-entreprise. L'atelier de formation Caran d'Ache forme gratuitement près de 2'000 enseignants des écoles suisses par année et chose remarquable, l'ancienneté moyenne des employés de Caran D'Ache est de 14 ans.

 

La partie technique

Les détails techniques donnés ensuite par Monsieur Miche sur le fonctionnement d'une complexité insoupçonnée de la plume nous donnent un aperçu du niveau d'excellence atteint.

Monsieur Miche

C'est ainsi que dessins à l'appui, nous apprenons les noms des différents éléments d'une plume et retenons surtout qu'un conduit très fin mène l'encre de la cartouche au bec et qu'un autre permet à l'air d'effectuer le chemin inverse. Ou encore qu'un traitement plasma permet de rendre la plastique hydrophile, que le bec en or possède une bille en iridium résistante à l'usure et polie à la main. Trois personnes suivent en permanence la qualité de la fabrication et des machines noircissent des feuillles en traçant des dessins géométriques analysés au binoculaire. Depuis 1953 Caran d'Ache produit, la cartouche géante Goliath, avec une bille en carbure de tungstène sertie et de l'encre sous pression donnant une autonomie d'écriture de 600 pages A4. On comprend qu'avec une production journalière de 40'000 cartouches, le contrôle en cours de fabrication est indispensable. Encore plus fou, la production de Prismalo représente plusieurs centaines de millions de crayons en bois de cèdre par année. Des questions très intéressantes concernant la conservation du patrimoine de Caran D'Ache, les automates dans les vitrines de Noël et le projet de nouvelle usine sont posées par la quarantaine d'auditeurs horlogers présents.

 

Les remerciements

Mais, comment notre président, Patrick Wehrli va-t-il remercier nos orateurs étant donné que ceux-ci reçoivent d'habitude un stylo Caran d'Ache ?

Patrick Wehrli

Oui, c'est bien du café Trottet qui leur est remis  avec nos remerciements pour cette conférence exceptionnelle. Cependant, Messieurs de Saussure et Miche nous réservent encore une superbe surprise car ils ont apporté toute une palette de plumes toutes plus belles et que les autres que nous pouvons manipuler et admirer de près (voir photos ci-dessous). C'est ainsi que s'achève notre première sortie 2017.

Une plume superbe

 Le public  Des plumes de couleur
Monsieur Miche répond aux questions une autre plume

 Texte et photos de Christophe Lyner